La terrasse de l’hôtel Ibara
Ibiza version Slow
Oubliez les clichés. Ibiza n’est pas qu’une île de fiesta et de basses qui claquent jusqu’à l’aube. Il y a une autre île, plus secrète, plus brute, celle des chemins de terre rouge, des oliviers centenaires et des criques désertes où personne ne pense à poser une serviette. C’est elle qu’on est venues chercher.

L’arrivée à l’Ibara
Pour habiter cette version de l’île, on a posé nos valises à l’Ibara, un boutique-hôtel familial à Es Canar, sur la commune de Santa Eulalia del Riu — la côte est, la plus paisible de l’île. Le bâtiment date des années 1950, l’un des plus emblématiques du front de mer local. Il a été entièrement rénové, avec ce soin qu’on ne retrouve que dans les projets vraiment personnels : on a gardé l’âme du lieu, et on lui a ajouté tout le confort qu’on attend aujourd’hui.
Dix-neuf chambres seulement, un jardin, et Tantán, le restaurant installé dans le patio. L’échelle est volontairement réduite : ici, pas de file au buffet, pas de transat à réserver à l’aube, pas de bruit de fond permanent. On respire.
Esthétiquement, l’Ibara coche toutes les cases qu’on aime chez The Suite Escapes : matières brutes et naturelles, palette sourde inspirée de la terre et de la mer, lumière qui rentre partout sans jamais agresser. Le jardin fait le lien entre les chambres et le patio : on y croise plus souvent un livre abandonné sur une chaise longue qu’un signe de vie digital. Pas de programme imposé, pas d’animation à heure fixe : le meilleur plan, ici, c’est souvent de n’en avoir aucun.
Le petit-déjeuner, servi dans le patio sous la première lumière du matin, est à la hauteur de ce qu’on en avait lu : viennoiseries fraîches, fruits de saison, charcuterie et fromages locaux, un café qui sent vraiment bon. On prend son temps, personne ne vient débarrasser trop vite.

le restaurant Casa Jondal, à Cala Jondal
Deux Ibiza, une seule île
À quinze minutes à pied, Cala Nova déroule son sable fin et ses eaux calmes. Un peu plus loin, en voiture, Aguas Blancas garde un côté plus minéral, presque secret. De quoi alterner entre les deux selon l’humeur du jour, sans jamais avoir besoin d’aller bien loin.
Autour de l’hôtel, l’île change de visage selon l’endroit où l’on regarde. À quelques kilomètres, on tombe sur un marché posé sous les pins, sans prévenir : c’est Las Dalias, le plus mythique des marchés hippies de l’île, où les artisans vendent depuis des décennies céramiques peintes à la main, bijoux martelés à l’ancienne, cuirs travaillés, épices en vrac. On y traîne sans liste, sans plan, juste l’envie de repartir avec un objet qui raconte quelque chose.
Et puis il y a les tables qu’on ne trouve pas en cherchant « meilleur restaurant Ibiza » sur Internet. À Cala Nova, Blanco a cette allure décontractée qu’on aime : pieds presque dans le sable, vue mer dégagée, ambiance simple, parfaite pour un déjeuner qui s’étire. Un accueil sans esbroufe, juste quelqu’un qui sert un verre de vin du coin et raconte, si on lui demande, la recette de sa grand-mère.

Las Dalias, le plus mythique des marchés hippies de l’île


La Torre Ibiza – l’un des plus beaux spots de coucher de soleil de l’île
Le visage sauvage de l’île
C’est ce côté brut, préservé, qu’on est venues chercher — et il existe vraiment, à condition de sortir des sentiers évidents. Au sud-ouest, face au rocher mythique d’Es Vedrà, se cache Atlantis, ou Sa Pedrera de Cala d’Hort, son vrai nom : une ancienne carrière transformée en lieu de culte par la communauté hippie dans les années 60, avec ses bassins naturels creusés dans la roche ocre et cette sensation d’arriver au bout du monde après une descente raide qu’on ne regrette jamais.
Au nord, Cala Benirràs déroule un paysage tout aussi brut : falaises, cabanons de pêcheurs encore en activité, couchers de soleil sans la foule. Et à l’est, Cala Mastella reste l’une des adresses les plus attachantes de l’île : une crique minuscule entre deux collines de pins, où l’on vient autant pour la baignade que pour le bullit de peix servi dans l’unique petit restaurant posé sur les rochers. Aucune de ces criques ne se laisse approcher en voiture jusqu’au bord — et c’est exactement ce qui les a gardées intactes.

La Paloma, un jardin d’orangers, cuisine italienne le soir
Ce qu’on retient
Ibiza n’est pas que ce qu’on en raconte sur Instagram. C’est une île de contrastes, capable de passer d’un marché artisanal sous les pins à un petit-déjeuner silencieux face à la mer. L’Ibara incarne parfaitement cet entre-deux : assez à l’écart pour s’en détacher complètement, assez bien placé pour ne rien manquer.
La vraie leçon de ce séjour, c’est peut-être celle-ci : à Ibiza, le luxe ultime, c’est de choisir de ne rien faire — mais de le faire dans un endroit qui sait exactement comment.


Carnet d’adresses
L’hôtel
- Ibara, Es Canar, Santa Eulària del Riu – ibaraibiza.com
Plages
- Cala Nova, à quinze minutes à pied de l’Ibara – sable fin, eaux calmes.
- Aguas Blancas, à quelques minutes en voiture – plus minérale, plus secrète.
- Atlantis, sud-ouest, face à Es Vedrà – ancienne carrière aux bassins naturels
- Cala Benirràs, nord de l’île – falaises, cabanons de pêcheurs, couchers de soleil
- Cala Mastella, côte est – petite crique entre deux collines de pins
Tables & marché
- Blanco, Cala Nova – pieds dans le sable, ambiance simple et chaleureuse.
- Las Dalias, Sant Carles – le plus mythique des marchés hippies de l’île.
- Casa Jondal, à Cala Jondal (sud-ouest) – le chef Rafa Zafra, pieds dans le sable.
- La Torre Ibiza – l’un des plus beaux spots de coucher de soleil de l’île.
- Cala Gracioneta, côte ouest, à Sant Antoni – poisson frais et produits locaux.
- Experimental Beach, côte sud – pour un verre au coucher du soleil
- La Paloma, dans l’intérieur de l’île – un jardin d’orangers, cuisine italienne le soir